Iris à identifier : L’iris de Christophe Oberkampf

Extrait d’un article de Philippe Denis

 

« … Si le nom d’OBERKAMPF évoque immédiatement les Toiles de Jouy on a oublié qu’il fut aussi un jardinier et un botaniste passionné. Il avait d’ailleurs de qui tenir puisque sa mère était fille de Johann SEHM jardinier artiste anobli à ce titre par le roi de Prusse et petite fille de WIMPFF, autre notable jardinier artiste.

Christophe, secondé par sa seconde épouse née MASSIEU de CLERVAL aménagea sa vallée (Vallée de la Bièvre) et y créa des parcs autour de ses demeures (dont le parc de TECOMAH où a lieu le concours international d’iris depuis 2005). Plusieurs de ses amis, officiers sous La FAYETTE, avaient fait la guerre d’Amérique. Pour la plupart gentilshommes campagnards, attentifs à la nature, ils y avaient découvert des arbres, comme le magnolia, et des plantes, inconnus chez nous. Ils en rapportèrent pour orner leurs parcs.

Lui-même s’était lié avec Thomas JEFFERSON, premier ambassadeur des U.S.A. à Paris et dendrologue averti qui introduisit en France de nombreuses plantes du nouveau monde comme le Quercus Alba. Cette passion botanique se perpétua dans la descendance de Christophe. Un de ses arrière-petits-fils, le banquier Guillaume MALLET, fut le créateur en 1898 du Bois des Moutiers à Varengeville.

Une arrière-petite-fille, Noëmie MALLET avait épousé quelques années plus tôt Robert d’HAUTEVILLE, jeune officier de cavalerie en garnison à Versailles où il possédait une belle propriété avec un grand parc (aujourd’hui le couvent de la Solitude). Naturellement pour garnir les massifs on alla à Jouy chez les cousins chercher des plantes et celles-ci voyagèrent ensuite au gré des déménagements.

En étaient de charmants petits iris vivaces (qui poussent sur de fines racines et non sur des rhizomes comme les iris germanisa courants dans nos régions ou sur des oignons comme les iris de Hollande). Ils donnent fin mai une jolie petite fleur bleue et gardent tout l’été une élégante touffe de feuilles minces. Selon la tradition familiale, qui désignait cette plante comme iris graminée c’était, avec deux asters et un admirable Rudbekia facerffiolia plena géant … une des vivaces importées d’Amérique par OBERKAMPF… Ils prospèrent aujourd’hui dans la Nièvre à Forgeneuve (cf. Bulletin de l’A.P.B.F n°39) et dans les jardins de quelques amis de Chantilly et du Nivernais …

D’après une enquête de Thierry DENIS, excellent producteur de vivaces qui les a présentées aux meilleurs experts, ces plantes que je n’ai jamais vues ailleurs ne seraient pas des iris graminée (qui existent) mais des iris du Maryland, ce qui confirmerait la tradition familiale. Ils auraient aujourd’hui disparu du Maryland…

Thierry et moi avions voulu les présenter aux Journées de Courson, mais aucun de nous deux n’a réussi à les faire fleurir pour la bonne date malgré de nombreux essais. »

 

Quelques précisions:

Les feuilles mesurent 5 mm de largeur et de 25 à 50 cm de longueur. Elles sont vert glauque.

La fleur, petite, (5 cm de diamètre environ) ressemble à la fleur d’Iris sibirica.

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